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Pour le troisième rendez-vous de l’Ivre de lecture, nous avions le privilège de recevoir Macha Méril et Philippe Lorin qui ont collaboré pour donner jour au magnifique album « Sur les pas de Colette » (Editions Presse de la Renaissance). 

Une interview téléphonique pour une radio locale et une séance de dédicaces à la Maison de la Presse de Vendôme plus tard, Macha Méril et Philippe Lorin arrivent (enfin) au Velvet Jazz Lounge où un public éclectique les attend avec impatience. Certains sont venus pour la voir, d’autres pour parler de Colette, d’autres pour faire dédicacer l’album qu’ils veulent offrir à l’occasion des fêtes de noël… Et puis, il y a les habitués du Velvet ainsi que les propriétaires des lieux, toujours très enthousiastes, rassurants et encourageants…

Les échanges qui ont suivi n’ont pas seulement été intéressants, ils ont également été surprenants, enrichissants et amusants ! Après avoir chanté quelques notes pour décrire si bien ce lieux atypique qu’est le Velvet, Macha Méril nous a parlé de son attachement particulier à cette grande dame qu’était Colette. Son admiration est palpable et elle nous avoue devoir beaucoup à cette femme. Vingt ans se sont écoulés entre le moment où elle a incarné Colette pour la télévision (les quatre épisodes figurent sur un DVD actuellement en vente) et l’écriture de cet album. Les divers événements qui ont surgi durant ce laps de temps dans sa vie de femme ont inévitablement changé son regard sur Colette et c’est avec beaucoup de tendresse qu’elle nous explique la façon dont elle a abordé l’écriture de cette biographie pas comme les autres. Macha Méril est très vive, très cultivée, très douée et sa compagnie est vraiment très agréable. Après avoir présenté ses autres livres et parlé de son actualité théâtrale (elle entame une tournée d’une centaine de dates pour la pièce d’Oscar Wilde, « L’importance d’être constant »), la parole est laissée à Philippe Lorin.

Philippe Lorin est impressionnant !  Impressionnant par sa grande taille, impressionnant par son talent, impressionnant par la richesse de son travail. La discussion qui suit nous entraîne dans son univers de l’illustration : ses techniques d’illustrateur (l’aquarelle, la photographie retravaillée…), sa façon d’aborder la réalisation des albums, son expérience particulière avec les portraits qu’il a réalisés pour « Sur les pas de Colette », mais aussi sa rencontre et sa collaboration avec Macha Méril… 

Les dédicaces qui ont suivi ont fait beaucoup d’heureux mais c’est déjà le moment de quitter le Velvet et de braver le froid pour traverser le vieux pont de Blois et rejoindre le Liber-thés. Une nouvelle rencontre avec les lecteurs commence, les échanges sont nombreux mais le temps passe très vite et la journée marathon de nos deux invités se termine dans ce bar pas comme les autres…  

L’Ivre de lecture remercie chaleureusement Macha Méril et Philippe Lorin pour leur générosité et vous donne rendez-vous en janvier pour de nouvelles rencontres !

 

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Présentation de l’éditeur :
Dans une Bretagne secrète, César, né des amours d’une fille du pays et d’un soldat allemand, porte le poids d’un passé auquel il se sent étranger. Victime de l’opprobre fait à sa mère, tondue à la Libération, il est depuis sa naissance jugé, mal aimé, rejeté. Jusqu’à ce jour de 1969 où, accusé d’un viol qu’il n’a pas commis, il décide de briser le sort, quitte sa terre natale et la femme qu’il aime. De l’Inde à la mer de Béring, quinze années durant, il va parcourir le monde, se frayer son propre chemin comme on s’invente une seconde existence, malgré la violence et la brutalité des hommes. Intense, envoûtant, L’homme qui marche au bord du monde retrace, à travers l’itinéraire croisé de quatre personnages liés par un drame imprescriptible, le destin poignant d’un innocent en quête de liberté. Marie-Hélène Westphalen évoque, avec une pudeur qui donne à son premier roman toute sa force, des existences broyées, animées par le seul désir.

L’histoire
Vitalie, une jeune Bretonne, et Hans, un soldat allemand, donnent naissance à un petit garçon au teint de lait et aux cheveux roux prénommé César. Mais en période de guerre, le petit village de Vitalie ne l’entend pas de cette oreille et cette dernière est tondue sur la place publique pour avoir osé pactiser avec l’ennemi. César devient alors le mal aimé, le rejeté, le mauvais, le coupable idéal lorsqu’il s’agit d’arrêter un violeur. Innocenté, il décide de briser cette chaîne du malheur et bien qu’amoureux de Jeanne, il quitte son pays. Son voyage commence en Inde, où il travaille sur les chantiers et s’invente une nouvelle identité. Puis il revient en France et découvre la vie de marin. C’est alors que le destin le rattrape et que cette fois, c’est la prison qui l’attend. Quinze années se sont écoulées quand César décide de retourner au pays retrouver les siens : sa mère, Vitalie, sa fille, Alma, dont il ignorait l’existence et enfin Jeanne, son grand amour.

 Mon avis
Il est des romans qui, dès les premières lignes, vous envoûtent. « L’homme qui marche au bord du monde » est pour moi de ceux-là. Est-ce le sujet qui m’a interpellée ? Ou le style de Marie-Hélène Westphalen ? Sans doute un mélange subtil des deux.

Tout d’abord, ces quinze années d’exil sont décrites à travers les yeux et le cœur de quatre personnes : César évidemment, mais aussi Vitalie, sa mère, Alma, sa fille, et Jeanne, la mère de celle-ci. La succession de points de vue donne un rythme au roman et le besoin de faire une pause entre chaque changement de personnage a rendu ma lecture très agréable. J’ai ainsi pu ressentir la kyrielle de sentiments qui se dégagent forcément de ces situations douloureuses.

L’exil de cet homme mal aimé est décrit avec beaucoup de réalisme : réalisme des sentiments auxquels il doit faire face, réalisme des horreurs à supporter, réalisme de la vie en prison… La douleur d’une mère qui a vécu le départ soudain de son fils et qui subit depuis toujours le regard malveillant des gens du village est décrite avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. Enfin, les questions et les doutes d’une enfant sur laquelle pèse un secret, celui de sa naissance, sont décrits avec beaucoup de force.

Les mots de Marie-Hélène Westphalen sont simples mais leur enchaînement crée des phrases magnifiques qui elles-mêmes créent une histoire extrêmement touchante.

Marie-Hélène Westphalen sera l’invitée de l’Ivre de lecture le 17 mai 2008 : la rencontre avec l’auteur de ce premier roman promet d’être très enrichissante. 

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Présentation de l’éditeur :
Histoire d’une petite fille dont le violon, compagnon magique, va sauver la vie, Anna et son orchestre est aussi le récit haletant et multicolore d’une famille en cavale à travers l’Europe orientale… Celle de la Belle Époque, où les nuits de prince ne s’évanouissent au point du jour que pour renaître inlassablement, soir après soir, dans la fièvre et le tumulte, pour le seul plaisir de la fête. 

 L’histoire
C’est l’histoire d’Anna, la mère de Joseph Joffo, auteur du célèbre roman « Un sac de billes ».  On est dans les années 1900, en Russie et Anna n’est encore qu’une petite fille. Dans sa famille, la musique a un rôle majeur puisque tous sont musiciens mais personne ne joue du violon comme Anna. Cette famille est heureuse jusqu’au jour où la menace qui pèse sur les juifs devient trop forte. C’est alors qu’Anna et sa famille quittent leur bourgade et commencent un périple à travers l’Europe de l’entre deux guerres. Au son du violon d’Anna, les escales se succèdent : Odessa, Istanbul, Budapest, Vienne… et enfin Paris qui attend Anna et son orchestre ! 

Mon avis
Tout comme « Un sac de billes », « Anna et son orchestre » est pour moi un roman d’une grande qualité. J’aime beaucoup l’écriture de Joseph Joffo qui allie la sensibilité, la subtilité et la sincérité.

Anna est un personnage drôle et attachant. Sa place de cadette de la famille lui confère un statut particulier et son amour de la musique transparaît à chaque instant. Au fil des escales, Anna grandit et entre dans l’adolescence, son regard change, celui des autres aussi, mais son amour de la musique demeure intact.

Au delà de l’aspect historique, ce roman est un véritable carnet de voyage. Les lieux traversés sont décrits à la perfection, je retrouve la beauté d’Odessa, les couleurs d’Istanbul et le son du violon arrive jusqu’à moi. 

Ce roman est magnifique et envoûtant : à faire lire autour de soi !

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Présentation d’Amélie Nothomb :« Stupeur et tremblements » pourrait donner l’impression, qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés.  « Ni d’Eve ni d’Adam » révèlera qu’à la même époque, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier. 

 

L’histoire
Amélie nous entraîne à nouveau dans son Japon natal qu’elle affectionne tant ! Elle vient d’y faire son retour et décide de donner des cours de français pour améliorer son japonais. Une annonce dans un supermarché plus tard, elle fait la connaissance de Rinri, un jeune nippon particulier, bien décidé à progresser dans la maîtrise de la langue de Molière. Passée l’étape des premières conversations incompréhensibles entre ce Tokyoïte et cette occidentale, ces deux jeunes atypiques vont se rapprocher…

 

Mon avis
Caché derrière une histoire d’amour peu banale, « Ni d’Eve ni d’Adam » traite en fait de la découverte de la différence. C’est pour moi ce qui rend ce roman très intéressant. La confrontation entre ces deux cultures est faite avec beaucoup de pudeur et pour la première fois avec un roman d’Amélie Nothomb, ce n’est pas le ton cynique et insolent qui a retenu mon attention. Comme toujours, Amélie a mis son humour particulier au service de cette histoire d’amour et certains passages sont drôles, voire cocasses (la rencontre entre Amélie et sa belle famille reste pour moi un des moments les plus amusants du roman !), mais la plupart du temps, c’est une belle histoire, attendrissante, voire émouvante.

Dans « Ni d’Eve ni d’Adam » j’ai également découvert les paysages qui caractérisent le Japon et j’en ai appris un peu plus sur les us et coutumes de ce pays si cher à l’auteur et si inconnu pour moi. Tout est très bien décrit et très vite je me suis sentie dépaysée. 

Enfin, le style d’Amélie est simple et léger, parfois pudique, toujours superbe, ce qui rend la lecture fluide et agréable. Amélie apparaît ici moins froide, moins délurée, moins hors normes que dans les autres romans que j’ai déjà lus. Finalement, elle me semble différente à chaque roman et toujours surprenante.

« Ni d’Eve ni d’Adam » est pour moi un très bon moment de lecture, frais et tendre !

toutes-les-rousses-ne-sont-pas-des-sorcieres.jpg Présentation de l’éditeur :

Clarisse veut réussir dans la vie et devenir une styliste célèbre. Elle a toutes les qualités pour cela : du goût bien sûr, un humour ravageur et… une superbe chevelure rousse. Ce dernier détail n’est d’ailleurs pas passé inaperçu aux yeux de l’homme qui pourrait la faire grimper au sommet de la gloire. Le problème, c’est qu’il en est tombé amoureux et ne songe donc guère à son avancement : un rapprochement plus personnel serait davantage à son goût. Mais Clarisse a du tempérament, et ne se laisse pas faire. En garde ! La fière styliste revêt son masque de Zorro, bien décidée à tailler un short à l’homme qui a décidé de lui barrer la route. A moins qu’une séduction secrète n’opère et qu’une tendre guerre ne déploie ses parts d’ombre et de velours. Avec quelques surprises de taille qui éclatent, ici et là, et les indispensables quiproquos qui achèvent de semer le trouble dans les esprits… Ajoutant à la saveur d’une relation aussi compliquée que passionnante. Sexe, mode et célébrité, à quoi rêvent donc les rousses… quand on brûle de passion pour elles… et qu’elles résistent aussi longtemps.

L’histoire
Un jour, la rousse et sensuelle Clarisse décide de prendre son destin en main : styliste célèbre elle veut devenir, styliste célèbre elle deviendra ! Grâce à son audace et son humour un peu décalé la voilà embauchée par Edouard, sexagénaire à la tête d’une entreprise de textile, bien plus envoûté par la rousse sexy que par ses croquis ! Commence alors entre cette jeune femme bien dans son époque et son patron, un je ne sais quoi de « suis moi, je te fuis, fuis moi, je te suis ».


Mon avis

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de « Toutes les rousses ne sont pas des sorcières » un « Journal de Bridget Jones » à la française ! 

D’abord, un personnage principal haut en couleurs : Clarisse, trentenaire célibataire en pleine psychanalyse, moderne à tendance délurée, belle agrémentée d’une pincée de sexy attitude, audacieuse et pertinente, mais aussi drôle et sensible. Dès les premières pages, cette jeune femme qui appelle son chat « Chapeau » et ses robes « frisson », « Caresse », « Désespoir « ou « domination », me semble attachante.

Ensuite, les personnages secondaires: une meilleure amie comme on rêve toutes d’avoir, Thérèse, Julie, Nicole et Luce, les employées de l’usine, Hervé, l’ami ex-amant, ou encore Marthe, la femme de l’actuel amant, collectionneuse de bibelots en coquillages ! Ils sont tous décrits avec beaucoup de précision et très vite, eux aussi deviennent attachants.

Enfin, le style de Valérie Bonnier :fluide, énergique, vif et original, parfait pour se vider la tête. 

Ce roman ressemble à une comédie sentimentale des temps modernes. Il met en avant l’amour, le désir et l’ambition professionnelle et l’humour insolent de Clarisse séduira sans doute beaucoup les femmes tout en ne laissant pas (tous) les hommes indifférents.

J’ai souvent lu de telles histoires, mêlant l’humour à l’amour, mais jamais de la part d’un auteur français ! La scénariste confirmée qu’est Valérie Bonnier a réussi à coup sur son entrée dans le monde de la littérature.

Plender – Ted Lewis

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Présentation de l’éditeur:
Brian Plender et Peter Knott. Voisins pendant leur enfance et camarades de classe. Plender, le fils de prolo, et Knott, le fils de bourgeois. Knott avait sa cour d’admirateurs serviles et plaisait aux filles. Plender était tout juste toléré, parce qu’il supportait d’être le souffre-douleur de la bande. Dix-sept ans plus tard, Brian Plender a bien changé. Sur le plan matériel, il a “réussi”, même si c’est au service de personnages louches et de causes discutables. Devenu photographe, Peter Knott a toujours du succès auprès des femmes. Quand le hasard réunit les deux hommes, c’est dans des circonstances dramatiques qui fournissent à Plender un extraordinaire moyen de pression sur Peter Knott. Le fils du prolo va régler ses comptes avec sa jeunesse.

 Mon avis
Je n’avais jamais entendu parler de Ted Lewis alors qu’il figure parmi les plus grands écrivains de romans noirs… Je l’ai découvert grâce à l’adaptation cinématographique qui a été faite de ce roman et je n’ai vraiment pas été déçue.

J’ai tout d’abord été séduite par la façon dont est construite le roman. En effet, Ted Lewis a choisi l’alternance de narrateurs pour entretenir le suspens et j’ai trouvé que ça fonctionnait à merveille, la tension est palpable à chaque page et la pression ne cesse de monter.

J’ai beaucoup aimé également le style de Ted Lewis : épuré, c’est le moins qu’on puisse dire ! Pas de mot superflu, pas de détails insignifiants, une écriture concise qui laisse pourtant apparaître la psychologie des personnages et leurs les émotions.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler ce qui se passe dans « Plender » alors je résumerai en disant qu’il s’agit d’un roman noir passionnant du début à la fin !

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Présentation de l’éditeur
Incarnation du talent, de l’émancipation et de la liberté de la femme, Colette est une grande figure du 20ème siècle. Avec sensibilité et un attachement avoué pour l’écrivain et la femme, Macha Méril et Philippe Lorin nous entraînent sur ses pas, dans un périple à la fois littéraire et pictural. Trop douée, trop libre sans doute, on lui fit en son temps une réputation sulfureuse. Elle fut en réalité une grande sentimentale, qui toute sa vie rechercha le vrai et le beau. Nous marchons sur ses pas en Bourgogne, où elle est née, la suivons dans les salons parisiens, voyageons avec elle en Bretagne et à Saint Tropez, assistons aux virages étonnants de son existence. Le style de Colette a marqué des générations de lectrices. Après l’avoir incarnée pour le petit écran, Macha Méril lui rend ici un vibrant et poétique hommage.


Mon avis

… Sur ce livre en tant « qu’objet » d’abord : un bijou ! Il est si raffiné que je le tiens délicatement entre mes mains et que je tourne les pages avec soin et minutie. Le papier est lisse, brillant, on dirait de la soie ; la mise en page est soignée et j’ai la sensation de tenir entre mes mains un objet rare.

… Sur les illustrations ensuite : un vrai régal pour les yeux, de magnifiques aquarelles, des dessins admirables, tout le talent de Philippe Lorin réuni en quelques pages.

… L’écriture de Macha Méril enfin : elle reflète l’admiration d’une femme pour une autre femme et chaque ligne traduit son attachement à cette grande dame de la littérature française. C’est sans doute la raison pour laquelle « Sur les pas de Colette » ne m’apparaît pas comme une simple biographie, une de plus… J’ai l’impression d’avoir remonté le temps et de vivre comme Colette auprès de ces gens fabuleux qu’elle côtoie : Marcel Proust, Francis Poulenc, Paul Valéry ou Oscar Wilde pour n’en citer que quelques uns.

Ce livre commence par une lettre très touchante que Macha Méril adresse à Colette : elle y parle de la découverte de son œuvre (d’abord en cachette, puis plus « officiellement »), de son interprétation pour la télévision, de l’écriture du texte de cet album…

Macha Méril voulait que les lecteurs, en refermant l’album, disent : « Cette Madame Colette, je la connais, c’est une amie ». En ce qui me concerne, l’objectif est pleinement atteint.

On apprend dans  cette lettre que Colette doit beaucoup à sa mère : « le goût, l’appétit, la connaissance de la nature, l’attention aux animaux, aux choses de la campagne, aux petites gens, à la langue française et un certain anticonformisme privilégiant les lois du cœur et du plaisir ». Il me semble alors apparaître dans cette lettre que Macha Méril doit beaucoup à Colette.

« Sur les pas de Colette » est incontestablement un très beau cadeau à faire aux amoureux du style et de la liberté incarnés par Colette.

 

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Quatrième de couverture
La vie de Ben Bradford n’est qu’une vaste comédie : en apparence, c’est un père et un mari comblé, en réalité, il souffre de la froideur de son épouse. Brillant avocat envié par ses pairs, il ne rêvait que d’être photographe.

Alors qu’il se persuade qu’il est heureux, il découvre que sa femme le trompe et, qui plus est, avec un photographe ! Anéanti, il supprime son rival. Que faire ? Se rendre ou fuir ? Ben choisit la fuite et recommence une nouvelle vie à l’autre bout des Etats-Unis en prenant l’identité de sa victime.

 L’histoire
Ben Bradford est un modèle de réussite sociale : la trentaine, un poste d’avocat, un salaire aussi gros que le cabinet de Wall Street dans lequel il travaille, une grosse voiture, une belle maison, une femme et deux beaux garçons. Résumons : il a tout pour être heureux. Sauf que cette vie, Ben a l’impression de l’avoir ratée. Il voulait être photographe, le voilà spécialiste des héritages et des testaments, son couple est au bord de l’implosion, il ne se sent pas exister, rien ne va plus. L’implosion qui menace ne tarde pas à se produire : Ben se rend compte que la froideur de son épouse n’a rien à voir avec la dépression postnatale qu’il imaginait et tout bascule…  

Mon avis
Dans la première partie du livre, Douglas Kennedy décrit la vie d’un requin de Wall Street qui, enfermé dans sa banlieue luxueuse, souffre de s’être oublié. Les mots décrivent parfaitement le désespoir de cet homme devant les occasions qu’il a manquées, devant son rêve qu’il a laissé enfoui en lui même au profit d’une vie bien rangée à la réussite matérielle incontestable. Malgré quelques passages qui, pour moi, ont traîné un peu en longueur, je me suis facilement identifiée au personnage de Ben puisqu’on a tous, caché quelque part, un rêve de gosse !
Et c’est alors que tout bascule et qu’il n’est plus question de fermer le livre avant de l’avoir terminé ! Ben commet l’irréparable, s’enfuit, adopte une nouvelle identité, et commence la vie dont il a toujours rêvé…mais loin des siens… Au bonheur de se sentir exister et reconnu pour ses talents de photographe, s’ajoute la douleur de l’éloignement de ceux qu’il aime et la peur du fugitif.

L’écriture limpide de Douglas Kennedy se dote alors d’un atout supplémentaire : un suspense très bien maîtrisé. Les situations sont certes un peu incroyables mais sans que je sache pourquoi, la magie opère ! C’est alors qu’il faut réorganiser son emploi du temps parce que pris au piège de D. Kennedy, on ne peut plus s’arrêter !D’ordinaire très peu attirée par les auteurs (chanteurs, films…) qui font la Une, je dois admettre que la mécanique de Douglas Kennedy ne me laisse pas indifférente.

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Biographie d’un sexe ordinaire : présentation de l’éditeur

Voici les souvenirs d’une vie de femme. Non pas seulement de la comédienne admirée à Paris, à Rome ou à Hollywood, mais de la femme, en quête du bonheur et de l’épanouissement sexuel.
De l’adolescente qui se découvre femme, dans ses propres pulsions et dans le regard masculin, à la femme mûre qui vit sans complexe une relation avec un homme plus jeune, c’est le parcours d’une génération que nous retrace Macha Méril : celle de ces femmes qui les premières ont voulu, affirmé et assumé la liberté des mœurs et du désir. Un chemin semé d’enthousiasmes et de désarrois, de bonheurs et de ruptures, et de questions.

Mon avis

Jusqu’alors je ne connaissais de Macha Méril que sa carrière d’actrice et de comédienne (elle est d’ailleurs jusqu’en 2008 sur les planches pour les pièces « Feu sacré » et « L’importance d’être constant »).
En vue de préparer sa venue à Blois pour promouvoir l’ouvrage « Sur les pas de Colette », je me suis plongée dans sa bibliographie.

Mon premier contact avec cette auteur a été sa « Biographie d’un sexe ordinaire ».

Dès les premières lignes, j’ai été surprise par la façon qu’a Macha Méril de parler de sa vie, de ses sentiments, de son intimité et l’écriture m’a d’abord semblé crue et impudique. A ce stade de la lecture, j’étais très perplexe quant à ma capacité à apprécier à sa juste valeur ce roman.Mais très vite, face à la sincérité et à la justesse de ses mots, cette femme qui se livre m’est devenue attachante.En racontant sa vie, sa carrière, ses conquêtes et ses manques (notamment celui de donner la vie), elle nous entraîne doucement sur ses pas. En lisant le passage sur sa vie en Italie, l’odeur des pasta est parvenue jusqu’à moi à travers les mots, j’ai été touchée par sa “rencontre” avec les enfants de son mari et son dévouement qui a suivi et en lisant son souvenir du tournage de la série “Colette”, j’ai compris son admiration pour cette grande figure du 20ème siècle: ne sont-elles pas toutes les deux, chacune à sa manière, chacune dans son époque, l’incarnation de  l’émancipation et de la liberté de la femme?


Les mots des hommes: présentation de l’éditeur

Une femme parle, se cherche et retrouve les hommes qu’elle a aimés. Le moment est venu pour elle de savoir que s’est-il passé entre elle et eux? Se sont-ils aimés? compris? Ont-ils seulement vécu la même histoire d’amour? Au fil des rencontres avec ses anciens amants, comme une variation sur la relation amoureuse, la narratrice récrit malgré elle le roman de sa vie. La vérité n’était peut-être pas celle qu’elle croyait. Ou les mots des hommes ne sont pas ceux des femmes… Renouant avec l’audace de la Biographie d’un sexe ordinaire, Macha Méril se livre, dans ce jeu  de miroirs, à une confession aussi subtile que troublante.


Mon avis

Même s’il s’intitule « Les mots des hommes », c’est d’une femme qu’il est question ici : une femme qui revient sur sa vie et sur les relations qu’elle a eu avec les hommes. Au fil des rencontres avec ses anciens amants, on se rend compte que le temps qui s’est écoulé n’a pas réussi à estomper certaines douleurs du passé.Le style est naturel, simple et concis. L’énergie qu’elle déploie pour comprendre la vérité est touchante, même si j’ai eu du mal à comprendre ce besoin de raviver des moments douloureux. Certains amants étaient présents dans « Biographie d’un sexe ordinaire » et visiblement, les incompréhensions du passé font celles du présent.

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Quatrième de couverture
Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres.

Premier roman d’une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l’ambiguïté avec un talent accompli.

L’histoire
L’annonce de la mort imminente du prix Nobel de littérature, Prétextat Tach, déchaîne la passion des journalistes qui affluent du monde entier pour décrocher une interview. Rares sont ceux qui l’ont approché, encore plus rares sont ceux qui survivent au rouleau compresseur qu’est cet homme.
Hygiène de l’assassin retranscrit les interviews de cinq de ces journalistes. Les quatre premiers, gorgés d’orgueil et manifestement incompétents, sont très vite éconduits par ce monstre (monstre de littérature et monstre tout court) alors que Nina, la seule à avoir lu l’œuvre de Tach, parvient à affronter son mépris et son sadisme tout en le forçant à révéler son mystérieux passé. 

Mon avis
Hygiène de l’assassin est le premier roman d’Amélie Nothomb. A sa sortie, ce fut l’événement ! Je viens de comprendre pourquoi.

D’abord, le style : corrosif à souhait ! Les mots d’Amélie sont nets, tranchants, ironiques, sans bavure ! J’y ai trouvé beaucoup d’humour (souvent noir, certes) et beaucoup de finesse dans l’écriture.

Ensuite, l’intrigue : originale ! Pendant les 80 premières pages j’ai assisté avec un certain plaisir à la mise au tapis par un vieillard cinglant, odieux et cynique de ces quatre hommes journalistes. A ce stade, totalement conquise par l’histoire de ce prix Nobel de littérature, le roman prend une autre tournure : la cinquième interview commence et ce vieux misogyne se doit de répondre à une femme qui lui tient tête. C’est alors que s’engage un duel verbal grandiose ! Cette femme ne se laisse à aucun moment prendre dans les filets du machisme et de la provocation personnifiés. Au contraire, elle pousse Tach dans ses retranchements et le dialogue devient interrogatoire.
Enfin, la forme : ce roman n’est quasiment qu’une suite de dialogues, tous aussi improbables les uns que les autres, et finalement au service d’une enquête. Amélie Nothomb ne vient-elle pas d’écrire un roman policier d’un nouveau genre ?

Même si très vite j’ai senti que Nina avait pris l’avantage dans ce bras de fer psychologique, je n’ai pu décrocher avant d’avoir atteint la dernière page ! Pour moi, voilà un très bon roman que ce premier Amélie Nothomb !

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