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Archive for the ‘Café littéraire’ Category

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Présentation de l’éditeur :

« Le regard des humains subit parfois un phénomène d’éclipse. Totale ou partielle. A force de se voir, on ne se voit plus. Je m’appelle Luca. J’ai eu trente-six ans au mois de décembre. Luca provient du latin lux qui signifie lumière. A tant vouloir y croire, je crois que je l’ai perdue. J’aimerais sortir de l’ombre. Celle qui flotte à l’intérieur. Et finira par passer sur mes yeux. Ma voisine s’appelle Solene. Un prénom grave et aveuglant, comme son regard de funambule posé en équilibre sur la vie. »

 

L’histoire

C’est l’histoire de Luca, 36 ans. Il y a trois ans, son grand amour, Marie, l’a quitté. Désormais ils ne partagent plus que la garde de leur chien, Matisse. Leurs communications ne se font que par interphone interposé. Sa vie se résume à son petit appartement parisien, à ses traductions littéraires et à quelques heures passées dans une voiture avec Lise, une ancienne ouvrière devenue prostituée. C’est empêtré dans les « séquelles ordinaires » de son histoire d’amour avortée que Luca va faire la connaissance de Solène, nouvelle arrivée dans son immeuble. Mais cette femme fragile est elle aussi marquée par la vie…

Mon avis

Eric Paradisi nous offre dans « Séquelles ordinaires » des destins de personnes écorchées par la vie ! Les situations sont finalement banales, l’histoire paraît au premier abord peu originale mais la façon qu’a l’auteur de les décrire rend le roman surprenant. Cette juxtaposition d’histoires ordinaires et de leurs conséquences forme un tout intéressant.

Le climat général est tout de même assez gris : à ne pas lire en cas de déprime passagère !
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En ce samedi ensoleillé de fin janvier, l’Ivre de lecture organisait son cinquième café littéraire. Pour l’occasion, une grande dame du paysage littéraire français avait fait le déplacement … Madame Irène Frain.

Comme toujours, c’est très intimidée que je me présente avant de commencer la séance de débat et de dédicace. Mais comme toujours, le trac du débutant s’est bien vite évaporé devant cette passionnée !

Venue présenter plusieurs de ces ouvrages, nous avons commencé par le dernier qui retrace la vie de Gandhi. L’ouvrage est très beau mais la façon dont elle en parle l’est encore plus. Pleine d’humour et d’énergie, elle nous fait découvrir Gandhi sous un jour que j’ignorais jusqu’alors.

Vient alors le moment de parler de ses autres ouvrages. « Le royaume des femmes » tout d’abord : histoire vraie du professeur Rock, escroc de génie, parti à la recherche de ce fameux royaume. Puis « A la recherche du royaume », véritable carnet de voyage illustré. C’est avec son mari qu’Irène Frain a sillonné les régions frontalières de la Chine et du Tibet sur les pas du professeur Rock. Cet ouvrage retrace leur périple. François Frain nous a fait le plaisir de venir nous parler de cet expérience hors du commun.

Mais voilà, le temps qui nous était imparti est déjà terminé… Alors pour prolonger le plaisir de cette rencontre, rendez-vous sur le site internet : http://www.irenefrain.com.

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Présentation de l’éditeur :
Un jeune écrivain, auteur de best-sellers, reçoit des lettres écrites par des adolescentes, toutes différentes, toutes folles de lui. Certaines veulent le rencontrer, d’autres se confier, d’autres encore coucher avec lui… Rien ne semble devoir nuancer leur passion, leurs exigences. Le jeune homme a par ailleurs une femme dans sa vie, mais celle-ci se trouve en prison, probablement pour des (petites) affaires de drogue. Son cœur est pris, il est mieux armé pour se défendre contre la horde qui s’offre à lui. L’écrivain a un ami, Mustapha, à qui il dit la vérité. Ces jeunes filles sont le plus souvent décevantes. De guerre lasse, il accepte de rencontrer deux d’entre elles – les plus insistantes –, mais quand il les voit, il tente d’y échapper en prétextant qu’il aime les garçons et que, d’ailleurs, il a une aventure avec Mustapha. Furieuses et déçues, les filles s’en vont et couchent ensemble. Plus tard, elles lui raconteront afin d’exciter sa jalousie… Les lettres de ces jeunes femmes alternent avec les considérations personnelles de l’écrivain de plus en plus lointain et, bien que flatté, vaguement écœuré par la jeunesse, la faiblesse, les excès des filles…
Se fondant sur un phénomène très répandu, le courrier féminin des écrivains célèbres, Stéphanie Hochet écrit une comédie moderne par son style et son vocabulaire. C’est le procès ironique et drôle d’une jeunesse grisée au-delà de toute raison par le vedettariat.

 Mon avis
Après avoir lu deux romans de Stéphanie Hochet, j’ai décidé de m’attarder sur son premier. D’autant plus que le bandeau orange sur la couverture blanche annonçait : « un premier roman déluré, espiègle et moqueur sur quelques jeunes filles d’aujourd’hui » et tout ceci signé… Amélie Nothomb. De ce fait, les mots « déluré », « espiègle » et « moqueur » prennent tout leur sens !
« Moutarde douce » met en scène le ridicule : le ridicule de jeunes femmes qui se lancent dans une correspondance acharnée et très personnelle avec un écrivain et le ridicule de cet écrivain qui leur répond, même si bien souvent ce qu’il reçoit est dénué de tout bon sens. Si bien que « Moutarde douce » est un roman frais, drôle et vivant.
J’ai assisté amusée à cet échange de lettres où les quiproquos et les incompréhensions vont bon train. J’ai aimé quand, à bout de patience, l’écrivain toujours si dévoué devient incisif : le ton change, mais l’effet reste le même, tout prête à sourire, voire à rire.A la façon d’Amélie Nothomb, le ton sarcastique, ironique et ambigu de Stéphanie Hochet fait passer un agréable moment.
Reste à espérer qu’en tant que fervente lectrice, je ne frôle pas le ridicule de si près !!!

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Présentation de l’éditeur :
Lili a cinq ans lorsqu’elle arrive avec ses parents et son frère dans une petite ville au bord de l’estuaire de la Gironde. Que comprend une enfant du déracinement forcé qui a conduit sa famille dans cet endroit de fortune, où tout est provisoire et où l’hiver semble définitif. Se souvient-elle encore de la lumière de l’Algérie, qui manque tant à sa mère, de cette vie d’avant dont l’écho parfois lui revient : une terrasse en bord de mer, l’odeur des roses, le tracé froid d’une tombe. Peu à peu, la vie se pose enfin et, de silences en phrases en suspens, entre la mélancolie de sa mère et l’infatigable vitalité de son père, Lili comprendra. Elle comprendra comme seuls les enfants peuvent le faire, avec cette clairvoyance instinctive, ce qu’ils ont vraiment laissé sur la terre d’Algérie. Dans ce roman profondément personnel, Sophie Avon parle avec pudeur de l’exil, de la perte et du deuil, mais aussi de la magnifique revanche de la vie et de la tendresse familiale sur une réalité historique douloureuse qui fut celle des rapatriés d’Algérie.

 L’histoire :
« Ce que dit Lili » est l’histoire d’un déracinement, celui de Mona et Gabriel et de leurs deux enfants, Paul, 9 ans, et Lili, 5 ans. Cette famille a quitté l’Algérie en 1962 pour venir s’installer en France, près de Bordeaux. Pendant que les deux enfants explorent leur nouvel horizon, les parents, eux, vivent un moment difficile, celui de l’arrachement aux souvenirs.

Mon avis :
Le moment où j’ai découvert ce roman était très mal choisi (mal installée dans la voiture, un matin d’hiver plutôt froid, dans l’attente de voir revenir mon chéri avec trois dents de sagesse en moins, moi, la phobique du dentiste…) et pourtant, je me suis laissée séduire dès les premières lignes.Même si le thème paraît difficile, « Ce que dit Lili » est un magnifique moment de lecture.

Magnifique moment tout d’abord parce qu’on vit cette histoire à travers les yeux d’une enfant. Comme souvent, ce regard enfantin porté sur un sujet douloureux rend le propos très émouvant. Le récit de Lili est sensible, subtil et très touchant.

Ce moment est magnifique parce qu’il montre aussi une sœur attachée à son frère et cette notion de fratrie (si importante dans ma vie) produit toujours chez moi un effet attendrissant.

Enfin, moment magnifique puisque Lili, d’abord trop jeune pour comprendre tout ce qui se passe autour d’elle, notamment dans la tête de sa mère toujours triste, finit par grandir et comprendre : comprendre la douleur de l’exil, comprendre les larmes de sa mère, comprendre les épreuves de la vie.

Evidemment, ce récit familial bouleverse mais les mots ne sont jamais violents et la tendresse est présente du début à la fin.

Une belle découverte en vue de la rencontre avec l’auteur le 16 février. 

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Ca y est, la trêve est terminée… Bonjour 2008 et bonne année à toutes et à tous!

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Quatrième de couverture :
« En passant de l’enfance à l’adolescence, ton caractère avait doublé d’égoïsme. Je ne dis pas que tu étais une personne malsaine, je dis que ta présence écrasante forçait les autres à comparer leur destin au tien, comparaison qui déprimait. Comment pouvait-on ne pas s’attrister de n’être pas toi ? Toute existence semblait terne, salement humble en regard de la tienne ; ça criait vengeance au ciel ? »

 L’histoire
« Les infernales » retrace la vie de Jessica et Camille. Enfants, ces deux jeunes filles évoluent dans la même école, se croisent même sur un casting mais ne se ressemblent en rien. A l’adolescence, elles fréquentent le même collège mais alors que Jessica attire tous les regards et ne se montre qu’en compagnie des personnes qui ont la cote, Camille et son physique androgyne se fait discrète tout en jalousant secrètement cette fille à qui tout semble réussir. C’est alors que les chemins de ces deux adolescentes vont se séparer et ce n’est que plusieurs années plus tard que Camille et Jessica vont se retrouver. Leur relation va reprendre mais les rôles vont changer… 

Mon avis
La première partie du roman m’a semblé un peu longue : le quotidien de ces deux enfants que tout oppose est certes bien décrit mais très vite je me suis demandé où tout cela allait-il me mener.
C’est dans la seconde partie du roman que premièrement, j’ai eu la réponse à cette question et deuxièmement, je me suis régalée. Quand à l’âge adulte, Camille et Jessica se retrouvent, la vie et ses événements les ont inévitablement transformées. Je me suis retrouvée suspendue aux pages de ce roman pour enfin découvrir ce qui avait fait changer Jessica : qu’avait-il pu se passer dans la vie de cette adolescente bien dans sa peau pour qu’elle devienne si terne ?Leurs retrouvailles sont plutôt amusantes : très vite on comprend qui va prendre le dessus et les remarques de Camille sont plutôt cinglantes et sans retenue. Après un début de relation chaotique, ces deux jeunes femmes qui ont finalement trouvé un « terrain d’entente » vont vivre ensemble mais c’est alors que mon sentiment pour chacune des héroïnes change. Camille s’octroie tous les droits pendant que Jessica les accepte. Camille devient un écrivain à grand succès pendant que Jessica reste dans l’ombre. Finalement celle qui m’agaçait me devient sympathique et vice et versa.   

Le roman commence et se termine par cette phrase : « on se trompe souvent de personne à détester. »  A méditer !

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Quatrième de couverture :
« Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal.Je n’ai que sept ans mais j’ai compris à quel point il est important de se taire. »Née en 1968, Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu’à l’âge de dix ans. Dans Manèges, elle évoque un épisode de son enfance.

 L’histoire
L’histoire se passe en 1975, en Argentine, pays marqué depuis de nombreuses années par une série de coups d’Etat. « Manèges » retranscrit la voix de l’auteur, alors âgée de sept ans. Ses parents, fervents militants contre le régime en place, appartiennent au mouvement des Montoneros. Mais voilà que le temps de la clandestinité est devenu obligatoire pour ces opposants activement recherchés par les hommes des commandos de l’Alianza Anticomunista Argentina. Alors que de nombreux Montoneros sont arrêtés ou tués, son père est mis en prison. C’est alors qu’une nouvelle vie commence, une vie clandestine, aux côtés de Diana et Cacho, dans une maison où un élevage de lapins cache une activité parallèle interdite et extrêmement dangereuse : l’impression de centaines d’exemplaires  d’Evita Montonera, le journal des opposants. Dès lors, la peur ne quittera plus le paysage.  

Mon avis
C’est à la suite d’un voyage en Argentine en 2003 que Laura Alcoba ressent le besoin de revenir sur cet épisode de son enfance. En se plaçant volontairement à hauteur d’enfant, le récit des évènements terribles qui ont marqué l’Argentine est beaucoup moins violent que je ne l’aurais imaginé. C’est finalement dans les dernières pages du roman que l’ambiance devient pour moi pesante. Le regard enfantin a laissé la place aux non-dits des adultes, aux questions sans réponses d’une petite fille devenue grande et à la trahison de ceux qu’on croyait pourtant connaître.Ce roman est émouvant sans être larmoyant et ce témoignage est bouleversant. « Manèges »  est le premier roman de Laura Alcoba qui sera l’invitée de l’Ivre de lecture le 19 janvier 2008.

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Présentation de l’éditeur :
À quinze ans, Karl Vogel est atteint d’une tumeur au cerveau. Sa mère le conduit à l’hôpital avec la tête d’une femme qui va perdre son fils. Et lui ne sait pas où trouver la force de lui donner tort. Il subit des traitements lourds – chimiothérapie et radiothérapie – mais connaît quelques moments de rémission durant lesquels il s’interroge sur son corps. Le garçon a hérité de la fascination de son père pour la Grande Guerre, champ de bataille sur lequel il fantasme ses exploits. Mais bientôt il s’intéresse aux musculatures d’athlètes. Sa passion va dès lors à l’idéologie nazie dans laquelle il voit une réalisation de la volonté de puissance. Il décide de devenir le Führer de son corps. Sa rage de guérir déclenche sa volonté de domination. Mais celle-ci ne va pas se limiter à son organisme malade. Mettant en pratique sa nouvelle foi, il décide d’« agrandir son territoire », fait des conquêtes parmi les autres patients, les abandonne, décide qui doit vivre et mourir.

L’histoire
C’est donc l’histoire d’un adolescent de quinze ans atteint d’une tumeur au cerveau. Mais plus que le récit d’un combat contre cette maladie terrible qu’est le cancer, ce roman est plutôt une autopsie de l’adolescence. Hospitalisé, Karl Vogel est, de fait, extrait de son environnement familial, et décide de dominer son corps en manipulant ceux qui l’entourent (des adolescents atteints du même mal que lui aux médecins, en passant par sa propre famille) et en décidant qui doit vivre et qui doit mourir. C’est donc l’histoire d’une plongée douloureuse dans l’adolescence, celle d’un garçon de quinze ans qui pour lutter se crée sa propre idéologie.

Mon avis
Quand j’ai lu la présentation de l’éditeur, je me suis dit : « le cancer, sujet difficile, on a tous été confrontés de plus ou moins près par cette maladie, ce roman ne va pas être facile à lire ». Je ne me suis vraiment pas trompée mais finalement, ce n’est absolument pas la maladie dont est atteint Karl qui rend ce roman dur. En effet, celle-ci m’apparaît plutôt comme un prétexte à l’expression des sentiments excessifs si significatifs de l’adolescence.

A travers la maladie qui rode en arrière plan, ce sont plutôt les transformations qui opèrent à ce moment de la vie qui sont décrites ici : les transformations physiques qui provoquent la sensation d’être un étranger dans une enveloppe corporelle qui n’est pas la sienne, le mal-être, la révolte contre tout et contre tous, le besoin de se forger une nouvelle identité, de s’affirmer, de manipuler l’entourage, de s’extraire des habitudes familiales, voire de rejeter tout ce qu’on pensait détenir …

Même si Karl, en plus d’être atteint par un cancer, subit tous les maux de l’adolescence, il ne m’inspire aucune compassion, et j’irai même jusqu’à dire qu’il est odieux. Aucune culpabilité ne se dessine chez moi face à ce sentiment que j’éprouve puisque j’ai l’impression que c’est ce que cherche Stéphanie Hochet ! Elle nous décrit un personnage qui rejette toute forme de pitié, le lecteur n’est donc pas entraîné vers ce sentiment que je trouve de toute façon si laid.

La seule bouffée d’air frais de ce roman est sa fin ; fin qui laisserait penser que quelques soient les phases que nous traversons, aussi inconfortables, aussi sombres ou aussi paradoxales soient elles, nous en tirons parti pour nous construire.

« Je ne connais pas ma force » est un donc un roman dense et difficile.
Stéphanie Hochet sera l’invitée de l’Ivre de lecture le 19 janvier 2008 et les questions fusent déjà dans mon esprit !

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